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Tes Yeux me sont Nuages
21-05-2010 10:43:58
Tes yeux me sont nuages…Tes mains caressent
le lapin de la lune endormie tandis que je cherche
ton cœur, frêle esquif sur la mer lie de vin.
Les tourments de mon âme m’éloignent de
tes yeux si doux.
Que n’es-tu le maître du lilas, que je me perde en tes épaules
noueuses si caressantes, aux senteurs de la Provence !
Le myrte et l’olivier jaillissent près des sources blondes où rit la mésange bleue.
Ô toi, mon maître, mon amant, je te regarde de mes yeux orpailleurs,
prête à t’accueillir en ma demeure, un grand châle de cachemire sur
mes cheveux où point timidement l’argent.
Ô toi, mon maître, mon amant, je te regarde jusqu’à ce que je
devienne nuage sur la lune endormie où règnent les errants.
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Voyage
30-04-2010 15:38:40
Mon âme bleue s’est enfuie sur les routes poudreuses à la recherche de l’Orient magique où vivent les fées mais elle s’est heurtée aux rochers noirs cernés par les aigles.
Des perles cascadent sur le corps statufié et dénudé de la reine, l’habillant de lumière. Des profondeurs de la nuit, une aube nouvelle déchire le tissu des rêves et zèbre de turquoise les blondeurs du jour.
Je reprends ma route, mon âme chevillée au corps et je m’incline devant l’immuable vérité de la valeur temps. Je m’inscris dans une spirale qui va de l’avant avec un cortège d’images et d’hiers enfouis sous les glaces de la mémoire.
Je traverse le miroir et arrive, pantelante, sur le terroir de l’enfance multipliée, sublimée et réduite à la manière des Jivaros, sauvage et poétique.
Sur le parchemin palimpseste des amours ensevelies, j’écris une symphonie pleine de vertiges et de polkas, de valses lentes conduites par des cavaliers de charme à tête de mort. J’entre dans la ronde moyenâgeuse de la fuite du temps et je me cabre de toutes mes forces pour briser la cadence. J’ai le sabre des samouraïs et je compte bien décapiter les cavaliers pour les obliger à reprendre un visage souriant et printanier.
C’est à ce moment que je m’éveille et que je cours sous la rosée à la recherche du printemps éternel qui pivote sur les talons aiguilles des fées avec le sourire des roses.
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Ode à la liberté féminine
30-04-2010 10:57:08
« Je ne suis pas quelqu’un que l’on chasse » disait Coco Chanel avant de devenir célèbre et elle coupa dans le drap les vêtements de la liberté, sans corset, sans fanfreluche inutile et sans ostentation.
L’élégance de la ligne sobre, des corps, de la nature prima sous son dé audacieux. Que dirait-elle si elle se promenait aujourd’hui, croisant des beautés voilées, aux yeux fardés comme si la féminité se résumait au déni des corps avec un soupçon de noir pour souligner les yeux, miroir de l’âme disait-on jadis ?
La beauté arborée sous l’étendard du deuil n’est-elle pas la négation de l’émancipation féminine que l’on croyait définitivement réglée ?
Il me suffit de fermer les yeux pour voir dans un carrousel blond, de belles cavales porteuses de lumière.
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À la poursuite du printemps
30-04-2010 7:30:03
Bleu bonheur, tu apparais derrière le rideau de fleurs sur le miroir de mon cœur.
Les sources chantent le renouveau de l’amour. Dans une barque qui glisse sur l’eau des rivières perdues, je jette un à un les pétales de roses du jour, bonheur amour.
Biches et chevreuils se défient en une course éperdue et moi, dans ce mouvement perpétuel, j’oscille en robe de bal, valse bleue, valse lente sur la Volga.
Que faut-il faire pour rejoindre la rive où s’aiment les amants de toujours ou d’un jour ? Danser, chanter, écrire, jeter son cœur à la volée ? Volière d’amour, mon âme abrite des milliers d’oiseaux qui rêvent de partir vers les palais bleus du bonheur.
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Pivoine
29-04-2010 17:18:43
Des perles, des centaines de perles s’écoulaient de façon continue dans sa gorge. Paul essayait de lutter contre ce flot incessant qui finirait par l’étouffer. Inexorablement les perles, ivoire, roses ou noires, celles de la mer de Chine qu’il avait tant aimées se déversaient avec la régularité des grains de maïs activés dans le gosier des oies et des canards pour le gavage. À ce rythme, mon foie va être transparent et cet amas de perles s’incrustera sur ses parois jusqu’à l’éclatement. Paul tenta de rompre la chaîne du destin mais sa main griffa le drap sans pouvoir le soulever. C’est alors qu’elle apparut, dans toute sa céleste splendeur, celle qu’il avait adorée, la surnommant Pivoine en hommage à la beauté de la fleur et aussi à l’intérêt qu’il avait pris en lisant Pivoine, l’héroïne éponyme de Pearl Buck. Immobile, elle semblait danser tant sa grâce transcendantale perçait sous le carcan de vêtements sophistiqués, difficiles à porter et pourtant aériens, du fait de la magnificence enfantine de cette princesse Mandchoue, faite pour porter avec la même élégance, le sabre, l’amazone ou des tenues d’apparat.
Toute en retenue, elle incarnait la millénaire pudeur de ces jeunes filles, habituées dès leur plus jeune âge à une conduite parfaite. Cependant, il avait réussi, lui, le fier cavalier à faire plier comme une liane cette séraphique beauté.
« Pivoine, mon aimée ! » murmura-t-il dans un dernier effort puis il mourut, titubant dans des allées de roses piquées de perles venues de Chine.
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Paroles de Fée
12-04-2010 15:41:55
Vêtue de perles, de roses et de la soie de mes cheveux, je me promène dans un bel appartement arts déco. Je me présente : on me nomme la fée des lilas. J’erre dans les livres d’une auteure de contes, très branchée Belle Époque. Mais ne vous y fiez pas, elle vous emmènera, l’air de rien, dans les ruelles obscures des villes que l’on cherche à fuir parce qu’elles sont inhumaines voire barbares.
Parfois je fais des incursions dans les squares, travestie en vieille dame et je tâche de rencontrer des personnes avec qui je puisse parler. C’est difficile mais j’y parviens car j’ai toujours aimé les contacts, même les plus improbables. Parfois des êtres humains sont incapables de parler tant la souffrance les taraude. Je leur glisse furtivement une perle dans la main et j’attends qu’elle se transforme en pivoines ou en soleils. Lorsqu’un sourire flotte sur les lèvres du désespéré, je pars, de mon pas lent et libéré puis je regagne mon royaume où je retrouve mes attributs féeriques et le goût de la beauté pour le bonheur des êtres humains.
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Pèlerinage en poésie
4-04-2010 15:09:08
Sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle, j’ai croisé un pèlerin qui accepta de me confier son manuscrit La Chanson des Nuages. Je l’ai repris avec amour et vous le livrerai quand il sera recopié et enluminé par les soins d’un trio sans qui mes livres ne verraient pas le jour.
C’est Pâques et j’ai opéré en quelque sorte une résurrection, celle de mon passé plein d’ombres et de lumières.
La dernière ligne a été écrite aujourd’hui. Qu’elle aille par les chemins de traverse, cette chanson ! Colportée par des conteurs en sabots ou en escarpins, qu’elle procure la joie et l’espérance !
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Petit bonheur, coeur d'enfance
28-03-2010 20:13:25
Il était une fois deux petites filles, deux petites sœurs, belles comme le jour. Cependant l’une d’elles avait été désignée par le soleil et portait un signe particulier, celui des anges. J’aimais son rire cristallin et son regard enfantin plein d’innocence.
Fleur lumineuse, elle s’imposait à nous par son évidente poésie. Oui, cent fois oui, nous avons droit à la différence et cet axiome doit-être proclamé par les hérauts de la dame de cœur d’Alice au pays des merveilles. Qu’une armée de cartes arborant les cœurs marche sur le monde pour réclamer le droit au bonheur de tous !
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Adieu, Camarade !
17-03-2010 16:18:50
J’avais vingt ans et je marchais aux côtés de Jean Ferrat, à distance respectable car je ne voulais pas l’importuner, dans la ville d’Antraigues où il avait choisi de vivre.
Il avait organisé une rencontre touristes – paysans avec l’espoir de favoriser l’attrait des citadins supposés que nous étions pour la Montagne ardéchoise, reprise à l’époque par tous les Français.
Comme dans les processions, il y avait des stations. Un paysan timide nous présentait sa ferme et exposait ses problèmes. Jean concluait toujours par ces mots : Tenez bon ! qu’il illuminait de son beau sourire.
Ensuite, j’avoue que je l’ai perdu de vue car je me suis tout simplement passionnée pour les problèmes de ce monde rural qu’on sentait déjà voué à la disparition.
Après quelques interventions toujours timides et succinctes de ces représentants de l’agriculture, un ténor monta à la tribune et emballa l’auditoire.
Je ne pus m’empêcher de glisser à ma voisine « Il parle bien », ce à quoi elle rétorqua en rougissant, « C’est mon mari » puis elle m’entraîna à l’écart pour me raconter leur vie. Ils étaient parisiens et travaillaient dans l’administration. En lisant Giono, ils s’étaient épris de la vie saine en ruralité et avaient fui la capitale avec un tout petit pécule et beaucoup de courage pour fonder leur exploitation. Aujourd’hui certes, ils étaient les propriétaires d’un bel élevage de chevaux, mais à quel prix ?
Je reste encore rêveuse de cet incroyable concours de circonstances qui me fit rencontrer les passeurs de témoin que furent les deux Jean, Giono et Ferrat. Aujourd’hui qui prendra la défense de la ruralité ?
Hier, aux funérailles du grand homme qu’il fut, il n’y avait que des amis.
Sa haute stature, son talent, sa modestie resteront inégalés. La belle chanson Ma France peut hanter nos mémoires. Quelle abnégation fut la sienne ! Chanter les mérites de ce pays alors qu’en sa période sombre on épingla sur sa poitrine l’étoile de David et que l’on envoya son père dans un wagon de la mort !
Avoir gardé malgré tout son âme et son sourire d’enfant relève du miracle ! Camarade, je ne peux que redire toute l’admiration qui s’empara de moi et durera toujours.
Des lettres dont la seule adresse était Jean Ferrat, Poète, France te parvenaient.
Il en fut ainsi pour Victor Hugo à qui une Antillaise avait adressé une lettre à Victor Hugo, Océan, lors de son exil à Guernesey.
Tu as cette dimension car certains poèmes mis en musique sont de véritables bijoux. Je ne parle pas des poèmes d’Aragon mais bien de ceux que tu as écrits, balisant tous les thèmes de notre siècle.
Ecoutons Jean Ferrat et donnons lui ce qu’il mérite : l’amour de tout un peuple !
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La chanson des Nuages
9-02-2010 15:01:02
Çà y est, je l’avoue, j’ai commencé la rédaction d’un nouveau livre. Voici son titre : La chanson des Nuages. Je vous livre les premières lignes.
J’attends vos encouragements ou l’inverse. Néanmoins, même si vos conseils m’incitaient à laisser reposer ma plume, je ne pourrais pas m’y résoudre. L’écriture fait partie de ma vie. Je n’y peux rien. C’est ainsi. J’attends tout de même vos messages.
Voici donc le début du roman.
Je me présente : je me nomme Jibril Ben Hadj El Alaoui. Mes copains m’ont surnommé l’Alouette. Ils ignorent que le mot Alaoui a une connotation royale et que mon père Hadj a gagné ce titre en accomplissant son pèlerinage à la Mecque. Il possédait des pur-sangs et conduisait d’inédites Fantasias pour les touristes au Maroc. Ce qui devait arriver arriva : il s’éprit d’une belle blonde aux yeux bleus et ne revint plus jamais dans son foyer où l’attendait fidèlement ma mère enceinte de ses œuvres. La pauvre a tenté de le suivre en France où dit-on, il menait une vie dorée mais s’il a connu l’honneur des salons parisiens, ma mère a échoué dans une banlieue et fut réduite à faire des ménages pour gagner sa vie et la mienne. Je suis son roi. Je ne peux pas dire son Dieu car elle est très croyante.
Elle fait ce qu’elle peut pour que je sois heureux. Je la laisse ignorer l’étendue de mon désespoir. Réfugié dans ma chambre, je lis et relis les œuvres des Romantiques, Musset, Chateaubriand et j’en apprends des passages par cœur. Sur les murs, j’ai collé les posters de mes idoles, Arthur Rimbaud, Guillaume Depardieu, Alain Baschung et pour faire bonne mesure avec les filles que je n’ose pas approcher par timidité, Emily Loizeau.
J’ai fait mienne une phrase de Rimbaud car elle adhère pleinement à ce que je ressens chaque jour : « Il y a toujours, lorsqu’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse. » Ne croyez pas cependant que je me morfonde dans un narcissisme noir. Dernièrement, j’ai établi ……
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Dernier livre paru :
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L'Etoile des chevaliers
SF/Fantasy/Horreur
Au cœur du royaume des chevaliers errants, trois îles volcaniques – l’île des enfants, l’île de la reine et l’île des dragons – se dressent comme des forteresses. Elles abritent la descendance de ces preux chevaliers partis guerroyer en Orient, revenus couverts de blessures et de joyaux. Au fil des années, ils ont perdu de leur superbe et ont chuchoté aux enfants que les guerres étaient pernicieuses. Et pourtant, longtemps plus tard, un conflit injuste, inutile et fratricide va bouleverser l’équilibre précaire du royaume...
Version papier : 20,00 € / 186 pages
Version pdf : 10,00 €
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